25/08/2009

Les yeux d'Horus 9.1.

L'heure était venue de dîner et le majordome annonça que tout était prêt dans la salle-à-manger. Les confrères s'y rendirent et la conversation se développa mais dans une ambiance de tristesse due aux événements de ce jour.

- Vous rendez-vous compte qu'aujourd'hui se terminait le "Cinquième Soleil" selon le calendrier maya? -demanda Oscar Véliz, le mexicain-. Mais le monde s'est secoué le 21.
- Mais nous, nous avons été secoués aujourd'hui -répondit Jane Wilson-. Et trois de nos amis ont perdu la vie.
- Et pour le pays, le jour qui sera noté dans l'histoire, sera aussi celui d'aujourd'hui, grâce aux annonces du duc -ajouta Jack Doorman.
- Devons-nous remplacer les frères morts aujourd'hui? -demanda Jane Wilson.
- Pendant plus de deux millénaires, la tradition a été que nous soyons quatorce -répondit le duc-. Nous n'allons pas la changer. Mais rien n'indique que nous devons le faire de suite. Il n'était urgent de remplacer Robertson qu'à cause de la cérémonie du 21. Je propose d'attendre que le Centre de Recherche fonctionne pendant quelque temps et choisir alors entre nos hommes de science, à la vue de leur qualité et leur dédication. S'ils ne sont pas à la hauteur dans ce domaine, ils pourront obtenir les connaissances sur l'Ancienne Egypte et l'Atlantide à l'Institut et ensuite être initiés. 
- Cela me semble une proposition excellente, vu les changements que nous commençons -dit Yerkov, qui était arrivé après une échappée en ville sans sa bague, ce qui n'avait pas permis de le localiser.
- Mais ne perdons pas de vue notre principale fonction -répliqua Al Zahari-. Ce qui est fondamental, c'est la philosophie que le projet doit s'insuffler pour l'avenir. Et cela exige une étude longue et profonde, ainsi qu'une grande conviction. C'est pour cela que les égyptologue ont toujours été en majorité dans notre société.
- En effet -dit le duc-. Et je vous donne la raison à tous deux: incluons des scientifiques, mais à condition qu'ils professent cette philosophie, ce qui a d'ailleurs toujours été la norme de la Société et n'a jamais été oubliée. Et conservons la majorité d'égyptologues. Ou au moins, avec eux, d'archéologues qui dominent les anciennes cultures du Moyen-Orient, surtout de l'Assyrie, avec une bonne connaissance du cunéiforme et des tablettes qui se réfèrent à la période atlante.
- Le duc à raison -dit John Connor-. Nous oublions parfois les textes cunéiformes. Ils n'ont pas beaucoup d'information scientifique et n'ont pas été apportés ici par les prêtres de l'Oeil d'Horus, mais ils contiennent beaucoup d'information historique sur les nefilim.

Tous se montrèrent d'accord. Le dîner se termina et la conversation languit. Tout le monde était fatigué suite aux émotions de la journée et ils se retirèrent rapidement à leurs chambres.


Chapitre 9

24 décembre  
Le matin suivant, au petit déjeûner, Kaminsky demanda:
- Nous avons encore du travail en commun ou notre réunion se termine maintenant?
- Comme je vous ai dit hier, qui le désire peut rester ici pour passer les fêtes ou prendre des vacances. Mais vous êtes maintenant tous libres de vous retirer. Je vous demande seulement que nous restions en contact étroit par notre réseau encrypté sur Internet, comme convenu. Comme vous êtes nouveau, professeur, avant de partir je vous recommande de regarder le catalogue de ma bibliothèque. Je m'imagine qu'il doit y avoir une bonne quantité de documents que vous ne connaissez pas et qui vous intéresseront. Je peux vous en faciliter des copies ou vous les envoyer en format numérique. Ce que vous pouvez utiliser librement est clairement signalé et aussi ce qui doit rester confidentiel.
- Je vous en remercie beaucoup. Puis-je emporter le livre de l'Oeil d'Horus?
- Je vous rappelle que le vôtre a été volé et que la police tchèque ne nous l'a pas encore rendu. De plus, ce format est un peu grand et lourd, n'est-ce pas? Je vous enverrai une copie numérique, mais pour un usage strictement personnel et réservé.
- Merci bien. Je profiterai de la matinée pour cela. Je vous laisserai une liste de ce qui m'intéresse à l'heure du déjeûner. Mais j'aimerais partir inmédiatement après celui-çi pour atteindre le car qui part pour Prague, pour pouvoir passer là-bas la Noël avec ma famille.

Les autres européens, Connor et van der Berg, qui étaient venus ensemble de Prague en voiture louée, dirent qu'ils retourneraient aussi à Prague ce même jour, pour rentrer à temps chez eux pour célébrer la Noël. Les autres annoncèrent qu'ils resteraient encore quelques jours, pour rentrer à Prague et y prendre l'avion après Noël. Doorman installerait le serveur d'internet et activerait le nouveau réseau. Seul Yerkov resterait indéfiniment à Krönfeldt. Il s'était déjà libéré de son travail antérieur et se dédierait à chercher ses nouveaux collaborateurs.

Kaminsky passa toute la matinée dans la bibliothèque, regardant le catalogue et les archives. Il découvrit de nombreux papyrus qu'il ne connaissait pas. Il y avait aussi des incunables et autres documents médiévaux, en latin, qui rendaient compte de l'histoire de la Société de l'Oeil d'Horus à cette époque. C'était une mine d'or pour un archéologue et un historien! Mais son intérêt n'était pas d'étudier l'histoire de la Société, mais seulement de mieux connaître son origine et les fondements de son existence et de ses projets. En fonction de cet objectif, il choisit les titres et rédigea la liste qu'il remit ensuite au duc.

- Très bon choix, professeur! -dit le duc-. Je vois que vous avez capté l'essence de votre fonction. J'en suis très heureux. J'attendrai vos plans pour le Centre et l'Institut. Et n'oubliez pas que, à partir de maintenant, vous êtes attendu ici tous les 20 décembre pour notre rencontre annuelle et la cérémonie du solstice.
- Vous pouvez compter sur moi! Je n'y manquerai pas. Et je vous remercie de nouveau de l'invitation et de la confiance, regrettant de nouveau mes soupçons initiaux.
- Ne parlons plus de cela, docteur. Vous êtes maintenant l'un des nôtres et seulement cela et le futur comptent.

Le déjeûner terminé, Kaminsky salua ceux qui restaient. Ceux qui voyageaient ensemble en auto étaient partis avant le petit-déjeûner pour arriver à temps à Prague et prendre le train ou l'avion le même jour. L'archéologue passa par l'auberge pour payer la note de Trompel. Ils partirent ensuite ensemble et s'en furent à l'agence de voyages, d'où partait l'autocar. Ils s'assirent de nouveau ensemble. Durant le trajet, le tchèque raconta de nouveaux détails sur les projets du Parc du Futur, bien que demandant que le journaliste en garde la réserve. Trompel lui demanda ensuite plus d'informations sur l'attaque à la forteresse et ce qu'avait fait la police tchèque. L'égyptologue le mit alors au courant de la tentative d'arrestation et la mort des assaillants durant leur fuite.
- Un suicide. C'est l' "omerta", la loi du silence des hommes de la maffia -dit le belge-. Je ne crois pas qu'il puisse subsister des doutes. Pourvu que la police découvre leur identité. Mais il sera sûrement difficile de démontrer leurs liens avec les affaires d'Italie que nous connaissons.

Ils arrivèrent à temps à la gare de Prague pour que Trompel prenne l'express de nuit pour Cologne. Ils prirent congé dans la gare, où le belge acheta un billet pour le wagon à couchettes. Il voyagerait ainsi toute la nuit en dormant et pourrait prendre ensuite à Cologne le TGV pour Bruxelles, où il arriverait au milieu de la matinée. L'après-midi, il irait voir sa soeur et ses neveux. Il n'avait pas besoin de porter des cadeaux: la coutume belge était toujours de faire des cadeaux aux enfants le six décembre, pour la fête de Saint Nicolas. Le commissaire Servais passerait aussi sûrement la fête en famille et il ne pourrait pas le contacter avant le jour suivant.

18/08/2009

Les yeux d'Horus 8.3.

Au palais, tous avaient déjeûné et les policiers tchèques étaient arrivés. L'hélicoptère avait atterri sur la pelouse devant le mur de la forteresse. Les arrivants, le chef de la police et deux techniciens, se joignirent au duc et à ses compagnons dans la bibliothèque. Les membres de la société racontèrent ce qui était arrivé et ce qu'ils avaient observé personellement. Ensuite le duc montra les enregistrements des caméras de surveillance. Le chef de la police indiqua alors qu'il ne voyait pas la nécessité de parcourir le palais étant donné qu'il n'y avait aucun espoir de trouver des empreintes: les vidéos permetttaient de voir que tous les assaillants portaient des gants ce qui, de plus, était confirmé par ce qu'ils constatèrent en observant les deux malfaiteurs tombés à l'entrée du temple.

- Les seules pistes que nous pourrons obtenir -dit le policier- sera ce que nous diront les corps des bandits morts. Nous pouvons les emporter, pour que les étudient nos médecins légistes. Nos laboratoires sont à votre disposition, selon notre pacte d'assistance.
- Je vous en remercie -dit le duc-. Nous ne sommes pas équipés pour ce type de travail. De plus, il s'agit sûrement de délinquants internationaux et vous êtes membre d'Interpol, ce qui peut être utile. Nous ne serions pas étonnés qu'un clan de la maffia soit impliqué.
- La maffia ici? Qu'est-ce qui vous fait croire cela?

Paolo Confalonieri l'informa alors au sujet du groupe "Il Secolo Nosso" et de son intérêt pour la célébration du solstice selon le style égyptien antique. Il expliqua que le duc avait beaucoup d'information à ce sujet, entr'autres des papyrus de grande valeur qui étaient, semblait-il, ce que cherchaient les attaquants. Mais il ne parla pas de la cérémonie osirienne qui avait eu lieu dans le temple. Il signala aussi, comme fait connexe, l'assassinat et le vol qui avait eu lieu à Turin et qui était, sans doute, de la responsabilité du même groupe.
- Le professeur Kaminsky nous a informé de cet attentat -dit-il-. Il le sut par un journaliste belge qui est de passage ici dans la ville. Qui lui a aussi raconté qu'un égyptologue a été tué à Bruxelles et un bijou égyptien volé d'un musée de cette ville. Tout cela semble connecté. Il pourra vous l'expliquer mieux que moi. Mais où est-il?
- Il est justement allé voir ce journaliste pour qu'il informe la police belge avec laquelle il est en contact et demander s'il y a du nouveau là-bas. La personne assassinée à Bruxelles était un de nos amis. Mais Kaminsky devrait déjà être de retour. C'est bizarre! Je vais essayer de le localiser.

Le duc marca alors un nouveau numéro de téléphone et appela l'auberge. L'hôtelier lui répondit que Kaminsky était parti depuis près de deux heures, après avoir parlé avec le belge.
-Kaminsky a quitté l'auberge il y a près de deux heures. Il devrait être de retour depuis longtemps. Je vais tâcher de trouver où il est. Voyons d'abord la ville.

Il écrivit alors des instructions sur son clavier virtuel et un plan de la ville apparut sur l'écran de vidéo. Deux marques lumineuses scintillaient. La plus forte correspondait à la forteresse. L'autre, plus débile, signalait un point éloigné. Le duc déplaça le curseur vers ce point et ordonna un agrandissement qui montra de façon plus détaillée le plan d'un secteur de la ville. La marque signalait une maison bien précise.

- Le voilà! L'autre marque correspond à nous.
- Votre ami porte un indicateur de position? -demanda le policier.
- Quelque chose comme cela, oui. Je ne peux vous donner les détails: c'est une technologie que nous venons de développer.
- Je ne savais pas que vous étiez si avancés ici. Vous m'aviez déjà surpris avec vos mesures de surveillance et maintenant avec ce système.
- Nous savons déjà où il est, mais pas pourquoi. Il nous avait dit seulement qu'il allait parler avec le journaliste à l'auberge. Pourvu que rien ne lui soit arrivé. Je vais envoyer le chercher.

Le duc sortit alors parler avec le chef des gardes et lui donna une série d'instructions. Le militaire réunit une patrouille en tenue de combat et ils partirent au trot vers la maison indiquée. Ils s'en approchèrent discrètement, pour attaquer à l'improviste au cas où Kaminsky aurait été séquestré. Dans les circonstances actuelles, il valait mieux être prêt à tout, avait averti le duc. Un des gardes frappa à la porte, qui fut ouverte peu après par une femme.
- Pardon, le professeur Kaminsky est ici? Le duc désire le voir au plus tôt.
- Attendez un moment -dit la femme, qui laissa la porte ouverte.

Pendant qu'elle rentrait, le militien vit un signe convenu à ses compagons et le capitaine le remplaça devant la porte pendant que les autres se détendaient et s'éloignaient quelque peu. Kaminsky apparut sur le seuil.
- Vous me cherchez? -dit-il.
- Professeur Kaminsky? Le duc est préoccupé par votre retard -dit le militaire-, et désire que vous rentriez au plus tôt pour informer aussi les policiers tchèques qui sont arrivés.
- Je dis au revoir et je vous accompagne.

Le capitaine fit alors un signe définitif à ses hommes, qui s'éloignèrent rapidement. Kaminsky sortit et ils cheminèrent ensemble vers la forteresse. En arrivant, le professeur vit l'hélicoptère tchèque devant la poterne qui étaient gardée par des militiens à l'extérieur et à l'intérieur. En entrant, il vit que les pompiers étaient partis et que des gardes entraient et sortaient de la caserne noircie par la fumée de l'incendie. Les corps des gardes tués avaient disparu. 

- On vous attend dans la bibliothèque -dit le capitaine en le laissant à l'entrée du palais.
- Où aviez-vous donc disparu? -dit le duc, quand il entra dans la salle-. Après ce qui s'est passé ici, nous étions inquiets pour vous.
- Je vous prie de m'excuser. Je ne pensais pas qu'il pouvait encore y avoir des problèmes de sécurité. Après avoir parlé avec le journaliste, je suis aller visiter mes cousins qui vivent ici, pour les tranquiliser. Ils avaient su par l'aubergiste que j'étais au palais et tout le monde dans la ville sait déjà que celui-çi a été attaqué et qu'il y a eu des morts.
- Je ne savais pas que aviez de la famille ici. Ils ne vous ont pas vu à l'hôtel de ville?
- Une de mes arrière-grand-mères était d'Osernj. Ce n'est pas la première fois que je viens. Et, vraiment, je n'ai pas pensé qu'il pouvaient avoir connu ma présence au Conseil.
- D'accord. Si nous avions su que vous aviez de la famille, nous vous aurions attendu plus tranquillement.
Mais si vous ne saviez pas que j'ai ici de la famille, comment m'avez vous trouvé?
- Nous vous avons donné une bague, docteur, que vous portez au doigt et qui est syntonisée avec un détecteur qui est ici. Nous avons tous la même.

C'était vrai. Au cours de la cérémonie d'initiation, on lui avait passé au doigt un anneau avec une petite pierre en forme d'ankh. De l'osirine à n'en pas douter. C'était incroyable combien de fonctions cette pierre pouvait avoir, pensa Kaminsky.

- Y a-t'il des nouvelles de Bruxelles? -demanda ensuite le duc.
- Rien de neuf dans le cas de Robertson. Mais ils nous ont dit qu'il y avait eu un autre assassinat, à Naple, le 21. Il s'agit d'un riche collectionniste d'art qui avait de nombreuses pièces égyptiennes. On l'a écartelé. En quatorce morceaux, comme dans le mythe d'Osiris. Et on avait peint un grand Oeil d'Horus sur le mur. A cause de cet oeil, la police belge pense à un lien avec le vol du musée de Bruxelles. Je leur ai parlé de nos soupçons en ce qui concerne Il Secolo Nosso. Et ils m'ont demandé si je savais quelque chose d'un rituel égyptien où l'on coupait une personne en quatorce morceaux. Je leur ai dit de lire le mythe d'Osiris et que le romancier Wilbur Smith assurait la découverte d'un papyrus où était décrit un festival où se réalisait un crime de ce genre. Mais, pour ma part, je ne connais aucun document ancien qui confirme ces détails. Cette découverte est peut-être une invention. L'un d'entre vous en sait-il plus?
- Je ne connais pas ce livre, mais je peux vous assurer que nous n'avons aucun registre d'un rituel sanglant. Et je crois que nous avons ici des copies de tout ce qui se réfère à Osiris dans l'Antiquité. 
- Vous parliez d'un riche coleccioniste napolitain. Ce ne serait pas Giulio Carmona? - demanda le conservateur du musée de Milam.
- Je ne sais. On ne m'a pas dit son nom.
- Cet homme était fameux -continua Confalonieri-. Il avait une galerie extraordinaire mais très peu de gens pouvaient la voir. J'ai eu cette chance et j'ai pu vérifier qu'il avait une colection égyptienne surprenante. Et je doute fort qu'il l'ait obtenue par des moyens légaux. Cela pourrait expliquer le lien avec Il Secolo Nosso.

A ce moment sonna le téléphone satellital du policier tchèque. Il écouta l'information puis le retransmit aux personnes présentes. 

- On a trouvé la jeep sur une route qui allait vers le sud-est, vers l'Allemagne. Elle essayait de forcer le barrage policier et il y a eu un affrontement. Un de nos hommes est tombé mais le véhicule a été arrêté et tous ses occupants sont morts. Deux d'entr'eux sont tombés sous nos balles. Les deux autres, se voyant encerclés, se sont suicidés. Ils ne portaient évidemment aucun document. Dans la jeep, nous avons récupéré le sac avec ce qu'ils avaient volé ici, ainsi que des cartes et des photos satellitales de Kronfeldt et de la forteresse. Les corps seront transférés à Prague, pour l'examen légiste. Nous vous enverrons le sac, monseigneur, et nous vous maintiendrons au courant de nos progrès et de ce pourra nous dire Interpol. Vous pouvez me faciliter copie des vidéos de surveillance?
- Si vous me donnez quelques minutes, je vous ferai une copie en DVD -dit Doorman, s'approchant de la table et marquant le clavier virtuel.

Quelques instants plus tard, une rainure s'ouvrait sous le moniteur et un disque en sortait. Le duc prit une enveloppe adéquate dans un petit tiroir, y mit le DVD et le remit au policier.
- Si vous avez quatre délinquants, je ne crois pas nécessaire que vous emportiez les deux qui sont tombés ici -dit-il, préférant que l'on ne découvre pas comment ils étaient morts-. Nous pouvons nous en occuper.
- Si vous le désirez, je n'ai aucun inconvénient. En effet, avec ces quatre, nous pouvons savoir maintenant tout le nécessaire. Nous emporterons cependant les photos et les empreintes digitales de ceux qui sont ici. Cela peut être important. Et j'espère que vous pourrez les conserver quelques jours en congélateur, au cas où nous en aurions besoin de toutes façons.
- D'accord. Nous avons un petit congélateur à la morgue de l'hôpital. Nous vous les garderons une semaine. mais je ne crois pas que ce soit possible plus longtemps.
- Ce sera sûrement suffisant. Mes techniciens ont maintenant tout ce qui peut nous être utile.
- Merci beaucoup pour être venus aussi vite et pour votre collaboration.
- Nous sommes à votre service chaque fois que vous en avez le besoin. Adieu!

Les techniciens étaient déjà sortis et avaient pris des photos et les empreintes des assaillants. Ils attendaient près de l'hélicoptère. Leur chef leur donna le DVD, ils montèrent dans l'appareil et décollèrent.

11/08/2009

Les yeux d'Horus 8.2.

Kaminsky abandonna le palais et s'en fut à l'auberge. Dans la cour, les pompiers s'affairaient à éteindre l'incendie de la caserne.

Trompel était assis à une table, prenant un café, quand il vit entrer Kaminsky.
- Vous n'avez pas l'air dans votre assiette, professeur? Que s'est-il passé? Je pensais que vous seriez heureux de par les nouvelles données par le duc.
- Vous ne vous imaginez pas ce qui s'est passé pendant que nous étions à l'hôtel de ville!

Et l'égyptologue lui raconta alors ce qui était arrivé dans la forteresse et lui demanda de contacter son ami de la Police Judiciaire de Bruxelles pour le mettre au courant, l'informer sur 'Il Secolo' et demander des nouvelles de l'enquête sur le meurtre de Robertson. Trompel demanda le téléphone à l'aubergiste et appela Bruxelles. La centrale de la PJ lui répondit que Servais n'était pas dans son bureau, mais "en opération". Le détective se rappela alors les codes spéciaux.
- Code 117, ici le détective Trompel. Contactez-moi.
- Un, un, sept. D'accord. Ne coupez pas. Un moment -lui répondit-on.

Il y eut quelques bruits électroniques puis il entendit la voix de Servais qui lui demandait ce qui se passait.
- Il y a eu un attentat contre ton ami, comme tu le craignais?
- Pas comme je l'imaginais. Il y a eu un assaut armé contre le palais du duc. Plusieurs gardes et trois invités sont morts. Mais Kaminsky est sain et sauf.

Il ajouta alors les détails et précision relatifs aux hommes de main italiens. Il dit aussi que le duc était sûr de ce que la police tchèque les arrêterait mais que, sans doute, une coordination internationale serait importante pour résoudre les divers cas dans leur ensemble.
- Tu ne sais pas à quel point tu as raison -répondit Servais-. Nous avons appris hier la mort d'un important industriel de Naples qui eut lieu le 21. On l'a trouvé coupé en quatorce morceaux dans sa galerie d'art privée. C'était un fanatique de l'Ancienne Egypte. Et de l'un des murs on avait enlevé les cadres et peint un oeil énorme, comme l'Oeil d'Horus volé au musée du parc du Cinquantenaire.
- Ce doit aussi avoir été le fait de "Il Secolo Nosso" et ils ont sûrement essayé de reproduire un des rituels de la fête d'Osiris, le jour de la renaissance du soleil. A-t'on cherché le Livre des Morts volé à Turin?
- Je ne crois pas qu'ils aient déjà pensé à une relation de ce nouveau cas avec celui de Turin. La police italienne ne comprenait rien. Mais tu viens de me donner la clef. Je ferai un bilan de tous les faits et je le leur enverrai, avec cette explication. As-tu plus d'information sur ce rituel?
- Bien sûr. Mais il m'est impossible de te l'envoyer d'ici: il n'y a pas encore de connexion à Internet. Kaminsky m'a envoyé par e-mail une copie du rituel osirien décrit par Wilbur Smith dans son livre "Fleuve sacré". Tu pourras peut-être le trouver à la FNAC ou une autre librairie. Kaminsky ne m'a pas encore raconté ce qui s'est passé au palais avant l'attaque, parce qu'il doit y avoir eu là aussi un certain type de cérémonie. Mais probablement pas la même y rien de louche, sinon il ne m'aurait pas demandé de t'appeler.
- D'accord. Si tu obtiens d'autres informations importantes, rappelle-moi. S'il n'y a rien de spécial et tu ne peux rien m'envoyer de plus, essaye de revenir ici au plus tôt pour me donner tous les détails que tu auras.Tu as eu raison d'invoquer le 117 bien que ce n'est pas très orthodoxe pour un civil.
- Qui était un de tes hommes jusqu'à il y a peu. Je me souviens de codes et tu sais que je ne les utilise jamais si ce n'est pas de la plus grande importance. Il m'ont prié de te questionner sur le cas Robertson. C'était un des invités du duc. Il avaient entendu parler de suicide et étaient très surpris. Mais Kaminsky leur a dit qu'il était déjà évident que c'était un meurtre.
- Nous n'avons fait aucun progrès. Mais il semble que se confirmera l'hypothèse d'un lien avec le vol de l'Oeil d'Horus. Et aussi du rôle des italiens. J'espère que tes nouvelles et l'investigation internationale pourront éclairer tout cela.
- Je l'espère. En tous cas, je peux te confirmer que Robertson avait un Oeil d'Horus, selon ce qu'ils m'ont dit ici. Rien de plus. Nous nous verrons donc à Bruxelles.
- A bientôt!.

Kaminsky avait suivi la conversation mais en n'entendant que ce que disait Trompel.
- Il y a eu une autre intervention de "Il Secolo"?
- En effet.

Et Trompel lui raconta ce qui s'était passé à Naples. Ensuite, à la demande du détective, Kaminsky raconta brièvement ce qui s'était passé les jours précédents, mais sans entrer dans les détails des rituels vu que ceux-çi étaient réservés aux initiés. Il confirma cependant que le rituel de la nuit du 20 au 21 ne ressemblait en rien à la cérémonie sanglante décrite par W.Smith. Il reconnut que le groupe auquel il appartenait maintenant se donnait le nom de Société de l'Oeil d'Horus, mais il lui demanda de conserver la réserve sur cette information. Et il lui précisa aussi que c'était cette société qui formait le conseil scientifique recteur des futures activités des institutions annoncées par le duc et qu'elle préparait ces projets depuis de nombreuses années.

Le détective lui dit alors que, comme son ami n'avait souffert aucun préjudice et que tout était dans les mains de la police des pays concernés, il pensait rentrer à Prague le lendemain et poursuivre vers Bruxelles, où il continuerait à collaborer avec le comissaire Servais.

- Le bus part après le déjeûner -dit le tchèque-. Peut-être le prendrais-je aussi. Il ne me reste plus rien à faire ici. Si je ne peux voyager avec vous et s'il y a du neuf, je tâcherai de vous toucher ici avant votre départ. Sinon, bon voyage et merci pour votre aide. Je payerai l'aubergiste pour vous et vous enverrai de Prague un transfert avec le reste de vos honoraires.
- C'est très gentil, professeur. Merci. Je vous tiendrai au courant de ce qui se passera à Bruxelles. Et bonne chance avec votre nouveau travail au Centre de Recherche d'Osernj!
- Nous vous inviterons lorsqu'on l'inaugurera officiellement. Nous vous le devons.
- Merci. A bientôt!

Kaminsky salua et partit.

04/08/2009

Les yeux d'Horus 8.1.

Chapitre 8

Quand les quatre membres de la Société de l'Oeil d'Horus gravissaient la côte qui conduisait à la forteresse, pour ne pas être écrasés ils durent rapidement esquiver une jeep qui descendait la route à toute allure. 
- Il s'est passé quelque chose au palais -dit le duc-. Ce véhicule n'est pas d'ici. Allons vite!

Et il se mit à courrir, suivi par les autres. Arrivés aux murs, ils virent que la porte avait été détruite. Et, en entrant, il virent que la caserne était incendiée et la porte du palais aussi forcée. Quatre gardes étaient étendus inertes à terre, deux près des murs et deux à l'entrée du palais. Les amis entrèrent en courrant dans le grand vestibule. Sur l'escalier monumental, il y avait un autre corps.

- C'est Jouanne! -dit Doorman, qui courrut le voir.

Le duc continua vers la bibliothèque, suivi par Al Kabir et Kaminsky. En entrant, ils virent deux corps couchés sur le sol. C'étaient Kurt Kaufman, l'homme d'affaires allemand, et Oscar Véliz, le millionaire mexicain. Le duc alla directement à la tête de la grande table et toucha un bouton caché en-dessous. Un clavier virtuel lumineux, comme d'ordinateur, apparut tout de suite sur la table et s'ouvrit un boîtier où il y avait un téléphone. Il marqua un code sur le clavier. Immédiatement, à la maison de tous les miliciens qui étaient en congé retentit une alarme, de même qu'au poste des pompiers et à l'hôpital. Ainsi, tous les services d'urgence étaient alertés et se mettaient en route vers la forteresse.

Le duc prit alors le téléphone et marca un numéro. Il parla avec le propriétaire du journal local, lui disant que le palais avait été attaqué pendant qu'il était au Conseil et lui demandant d'envoyer un journaliste et un photographe, car l'équipement de la garde avait été détruit. Il marqua ensuite un autre numéro et se mit à parler longuement en tchèque.

- Je viens de parler avec le premier ministre tchèque -dit-il à Al Kabir et Kaminsky, après avoir coupé-. Dans quelques minutes, toutes le routes des environs seront fermées. Les assassins ne pourront pas échapper.
- Ils ont volé une série de rouleaux et de manuscrits -dit Al Kabir, montrant des vides dans les étagères. 
- Je l'ai déjà vu -dit le duc.
- Jouanne est mort -dit Doorman, en entrant à son tour-. Je n'ai pas vu les autres.. 
- Tout comme Kaufman et Véliz, à coup de balles -dit Kaminsky, qui leur avait pris le poul-. Où seront donc les autres?
- Nous allons voir -dit le duc, qui pianota un autre code sur le clavier.

Un autre panneau glissa de l'étagère et apparut un petit écran de vidéo. Il s'alluma et ils purent voir une pièce où étaient les autres membres de la société.
- Ils ont eu le temps de descendre au souterrain et à la chambre sûre -dit le duc et, poussant un bouton, exclama:- Vous pouvez sortir de là, mes amis. Le danger est passé!
- Ils sont entrés dans le temple? -demanda Kaminsky.
- ¡Impossible! -dit le duc, et il marqua un autre code-. S'ils sont allés là, ils auront eu un jolie surprise.

L'écran montra l'entrée du temple. Sur le pas du vestibule, deux hommes étaient tombés.
- Deux des assaillants. Fulminés. -dit le duc-. Le temple a son propre système de défense. Personne ne peut entrer sans être syntonisé.
- Mais à moi, rien ne m'est arrivé -dit Kaminsky, surpris.
- Tu as été syntonisé au moment de ton initiation. Tu n'as rien à craindre -lui répondit le duc.
- Et le personnel? -demanda Al Kabir.
- Allons voir -dit le duc, et ils se dirigèrent vers la cuisine.

Mais d'elle sortait déjà le majordome.
- Il ne vous est rien arrivé? -demanda le duc-. Et Helga, Karol et Letna?
- Nous allons tous bien. J'étais dehors; j'ai entendu les explosions et j'ai pu me cacher. Les femmes les entendirent aussi et se cachèrent dans l'arrière-cuisine. Ils ne vinrent pas ici.

Ensuite arrivèrent les autres invités, qui s'étaient réfugiés au souterrain.
- Nous étions en-haut. Lorsque nous avons entendu le début de l'attaque, nous sommes descendus par l'escalier de secours jusqu'à la chambre forte du sous-sol -expliqua John Connor-. Mais au lieu de nous suivre, Jouanne est allé vers l'escalier principal. Nous venons de voir son corps. Il est mort?
- Malheureusement oui. Tout comme Kaufman et Véliz, dans la bibliothèque -répondit le duc-. Mais Yerkov était avec vous ?
- Non. Où pourrait-il être?
- Peut-être le saurons-nous grâce aux vidéos de sécurité. Voyons donc tout ce qui s'est passé. D'abord l'entrée.

Ils étaient arrivés à la bibliothèque et le duc tapa un autre code. L'écran montra alors, de l'intérieur, comment la poterne volait en morceaux sous l'effet d'une explosion, pour laisser le passage à la jeep qu'ils avaient vue échapper. D'elle descendirent quatre hommes vêtus de noir et l'un d'eux lança un missile loew vers la caserne puis un autre vers la porte du palais. Armés de mitraillettes et avec la face cachée par des bas nylons, ils courrirent alors vers le vestibule, cependant que la jeep continuait vers le temple, contournant le château. Le duc fit un autre mouvement, changeant de caméra, et l'on vit comment les hommes entraient dans le palais. Deux d'entr'eux allèrent vers la bibliothèque et un autre vers l'escalier, où Jouanne descendait. L'homme l'abattit et monta l'escalier.

Le duc changea de nouveau de caméra et ils virent l'attaque dans la bibliothèque. Les assaillants tirèrent en entrant et se mirent à consulter les rayons, tentant de les bouger (ils cherchaient sans doute un passage secret) et lisant les dos des livres. L'un d'eux retira des rouleaux et des manuscrits, qu'il mit dans un grand sac de toile qu'il portait en bandoulière, pendant qu'un autre examinait la table, cherchant le bouton caché. Mais il ne le trouva pas. Le système était imperceptible et ne fonctionnait qu'avec un empreinte digitale préenregistrée. Ils sortirent ensuite, se réunirent avec celui qui descendait de l'étage et parlèrent brièvement avec lui.

- Que dirent-ils? -demanda le duc-. Quelqu'un les a compris?
- C'est un dialecte napolitain -dit Confalonieri-. L'un d'eux demanda s'ils avaient trouvé d'autres personnes et il répondit que personne. S'ils parlaient cette langue, c'est qu'ils doivent appartenir à la maffia napolitaine. "Il Secolo Nosso", sans doute.
- Ils ont tenté quelques chose le 21, et cela n'a pas marché -dit Al Zahari-. Et alors, ils sont venus ici. Mais comment ont-ils pu savoir de nous?
- HIls ont des yeux et des oreilles partout. Ils peuvent vous avoir suivis depuis le congrès de Bruxelles -répondit Confalonieri. 
- Celui qui est descendu porte quelque chose -dit Wilson, montrant l'écran.
- Le livre de l'Oeil d'Horus de ma chambre -dit Kaminsky.

Le système de vidéo leur montra comment un homme parcourait les couloirs supérieurs et regardait dans chaque chambre. Il sortit de celle de Kaminsky avec le livre.
- Voyons maintenant ce qui c'est passé derrière -dit le duc, pianotant de nouveau.

L'écran montra comment les deux derniers assaillants arrivaient en courant ver l'entrée du temple et comment, alors qu'ils tentaient d'entrer, ils lâchaient leurs armes, portaient les mains à leur tête et tombaient foudroyés. Le duc remit l'enregistrement de ce qui s'était passé dans la cour d'entrée. Ils virent alors comment les quatre assassins sortaient et se dirigeaient vers le coin du palais, cherchant la jeep. Quelques minutes après, le véhicule apparaissait et sortait à vive allure vers la rue qui traversait la ville. Ainss, toute l'attaque avait été enregistrée par le système de sécurité dont Kaminsky ne soupçonnait même pas l'existence. Et il semblait que les attaquants n'avaient pas obtenu grand chose.

- Bien de vies perdues pour rien! -dit le duc-. Ce qu'ils ont emporté ne leur servira à rien. Cela n'a aucune valeur, car il s'agit de copies et, sans clef d'interprétation, on ne peut pas comprendre grand chose, même si l'on sait lire les hiéroglyphes o l'écriture hiératique. Et je doute qu'ils aillent fort loin: la police thèque les attrapera. Mais nous n'avons vu Yerkov nulle part. Où se sera-t'il caché?

Le téléphone sonna alors et le duc décrocha. Il y eu un dialogue en tchèque.
- C'était le premier ministre tchèque -dit le duc-. Les routes sont coupée et un hélicoptère avec le chef de la police et une équipe technique est en route. Ils seront ici dans une heure.
Sonó entonces el teléfono y lo tomó el duque. Hubo un intercambio en checo.
- Il y a un journaliste belge à l'auberge -dit Kaminsky-. Je l'ai rencontré dans l'autocar en venant ici de Prague. Quand je lui ai dit que j'étais égyptologue et que je venais d'assister au congrès de Bruxelles, il m'a parlé de la mort de Robertson et il connaissait aussi l'assassinat du conservateur du musée de Turin. Je crois qu'il a des contacts avec la police belge et je pourrais lui parler de la piste de maffia. Je pourrais peut-être lui raconter ce qui s'est passé ici pour qu'il le fasse connaître?
- Je ne crois pas que notre cas intéresse beaucoup la presse internationale de ces jours-çi. Ils ont bien plus à faire avec les séismes et les éruptions -dit Wilson.
- Mais s'il a des contacts avec la police, il pourrait être utile qu'il la mette au courant -dit le duc-. Tout ce qui peut aider à résoudre l'assassinat de Robertson doit être utilisé. De toutes façons je m'occuperai de ce qu'Interpol soit alertée par la police tchèque. D'accord, Kaminsky, mets le au courant pour qu'il informe ses amis de la police. Et qu'il essaye de savoir s'il y a du neuf sur Robertson.

Pendant qu'ils parlaient, le personnel médical était arrivé et examinait les cadavres, ce qui était évidemment inutile. Le capitaine de la garde demanda autorisation pour entrer dans la bibliothèque et le duc lui donna quelques instructions. Personne ne toucherait à rien tant que les photographes locaux n'auraient pas tout enregistré.