07/02/2012

Parallèle 4

4. 

Trompel lui passa le sablier. De La Rue le retourna et les deux sentirent de nouveau une sensation de descente rapide. Mais, alors qu'ils n'avaient pas bougé, la porte de la cellule s'ouvrit. Ils sortirent et montèrent l'escalier en colimaçon. Une fois en haut, et bien que le détective aurait préféré sortir de cet endroit et rentrer dans "son monde", au lieu de se diriger vers la "salle du temple" par où ils étaient entrés, l'archéologue prit la direction opposée. Il demanda à Trompel son cahier, lui rendant le sablier, et y grafica la route qu'ils suivaient. Ils croisèrent deux gardes qui ne firent pas mine de les avoir vu.
- On dirait que le sablier nous maintient dans une sorte de bulle spatio-temporelle qui nous rend invisibles -dit le français-. Mais le flux se terminera sûrement bientôt. Il vaudra mieux que vous le retourniez de nouveau, sinon ils nous verront et nous enfermeront à nouveau.

Trompel le fit et, ainsi, ils purent continuer leur exploration sans être arrêtés.
- Ici à gauche se trouve le corps de garde et la salle où on m'a interrogé -dit De La Rue, au second croisement-. Allons de l'autre côté, où nous voyons la lumière du jour.

Ils sortirent ainsi su bâtiment, arrivant à une grande place entourée de constructions, dont quelques unes de quatre ou cing étages, de pierre, et d'autres de deux étages de bois. Au centre de la place, il y avait une grande horloge solaire et, sur un côté, un marché avec des échoppes où on offrait des fruits et légumes, tous parfaitement reconnaissables. Une grande quantité de personnes se déplaçait là, tous portant des tuniques, mais de différentes couleurs, et des espèces de turbans sur la tête. Trompel se retourna pour voir d'où ils étaient sortis. C'était une large construction de pierre qui soutenait une tour rectangulaires d'au moins sept étages de hauteur, creuse et avec un énorme sablier. On voyait clairement couler un filet de sable, mais on ne voyait pas changer les niveaux. La durée devait sûrement être extrêmement longue.

Le détective fut si surpris qu'il oublia de retourner son propre sablier et les deux hommes apparurent aux yeux des passants. Les plus proches se surprirent aussi et les entourèrent rapidement, alors que les commentaires se propageaient par la place et commençaient à attirer l'attention de tous. Trompel retourna son sablier et ils disparurent de la vue, créant une surprise encore plus grande. Ils purent voir alors que s'approchaient deux personages qui devaient être des gardes, si l'on en croyait les casques qu'ils portaient -semblalbles à ceux de l'intérieur- mais portaient des tuniques grises au lieu de blanches.

- ¿Quid accid hic? -demanda l'un d'eux aux gens qui avaient entouré les deux intrus. [Qu'est-ce qui se passe ici?]
- Aparented duo proselyt maneanted tum sine ambulare [Deux étrangers sont apparus et puis ont disparu, sans même marcher]
- Vigilo. Si mora revided, alibi. [Je vais surveiller. Avertissez-moi tout de suite s'ils apparaissent de nouveau.] -et il ajouta pour son compagnon: Go certiorib Custodia Superius [Va avertir la Guarde Supérieure].

Le second garde partit en courant vers le palais et se diirigea vers le corps de garde.
- Lieutenant: des gens de la place ont dénoncé l'apparition et désapparition brusque de deux étrangers. Que devons-nous faire?
- Surveillez et, s'ils apparaissent de nouveau, essayez de les arrêter et de les amener ici. Je vais avertir les Maîtres et eux décideront de ce qu'il faut faire.
-Adsisto! [A vos ordres!]

Le lieutenant envoya un autre subalterne vérifier si les étrangers étaient sortis de leur cellule. Ce dernier revint au bout de dix minutes et confirma le fait, mais aussi que personne ne les avait vu sortir. Le chef se dirigea alors vers un autre bureau.
- Maître Tulus, les deux étrangers sont sortis de leur cellule sans être vus. On rapporte qu'ils sont apparus sur la Grand Place pour quelques secondes mais disparurent à nouveau, au milieu d'un cercle de gens qui les regardaient.
- Ça, c'est un fait extraordinaire, lieutenant Britix. Les écritures parlent d'étrangers qui sont capables d'apparaître et disparaître, mais cela n'était pas arrivé depuis des siècles. Je dois en avertir les Supérieurs. Quant à vous, bloquez les accès à la salle du temple. Comme ils sont entrés par là, ils pouraient aussi essayer de sortir par le Portail Sacré. Et ordonnez à vos hommes de les rechercher dans tout el palais et ses environs. Essayez de les arrêter et amenez-les de retour, mais traitez-les avec respect. Ce ne sont pas gens communs.

01/02/2012

Parallèle 3



Les gardes le poussèrent hors de la salle. Le corridor avait, à distance régulière, une plaque fixe lumineuse semblable aux colonnes, qui projettait une lumière laiteuse. Ils avancèrent, croisant divers embranchements, et finirent par descendre par un escalier en colimaçon, entièrement en pierre. Celui-çi conduisait à une petite salle avec plusieurs portes d'un matériel qu'il ne put identifier. Un des gardes fit trouner une manivelle dans le mur à côté d'une des portes. Elle s'ouvrit lentement et on le poussa à l'intérieur. Il entendit que la porte retombait d'un coup sec derrière lui. L'intérieur était obscur. Mais il entendit une voix.
- Qui veneru? Qui êtes-vous?
- Je suis Joseph trompel, détective privé, à la recherche de l'archéologue Jean De La Rue.

Ses yeux s'abituaient peu à peu à l'obscurité et il se rendit compte qu'elle n'était pas totale. Il pouvait maintenant distinguer la forme de la pièce, des objets et de la personne qui parlait, bien que sans bien voir tous les détails.

- Je ne peux pas le croire -répondit l'homme-. Je suis De La Rue. Comment êtes-vous arrivé ici? Vous avez trouvé mes cahiers et le sablier?
- En effet. Votre femme m'a engagé pour le chercher, quand elle perdit l'espoir que la police le retrouve.
- La police n'arriverait jamais ici. Il faut avoir de l'imagination pour découvrir la fonction du sablier et se risquer à traverser le portique.
- Alors, où sommes-nous?
- Cela n'est pas facile à préciser. Ce qui est sûr, c'est que c'est un univers parallèle. Mais si nous sommes encore sur la Terre, ou dans une autre planète, au XXI° Siècle ou à une autre période de l'histoire, je ne le sais pas. Peut-être vous êtes-vous rendu compte que -à un certain moment de l'espace-temps- ces gens ont été en contact étroit avec l'ancienne culture de l'empire romain.
- Il m'a en effet semblé, à les entendre, que leur langue ressemblait au latin. Et l'écriture du livre que j'ai vu dans votre bureau le semblait aussi, bien que je n'ai pu la comprendre.
- Moi, j'ai pu la déchiffrer en mêlant le latin, l'italien, le français et le catalan. Et c'est ce qui m'a amené ici il y a une semaine. Sans rien pouvoir faire, car la batterie de mon ordinateur portable s'est épuisée et, ici, ils ne connaissent pas notre forme d'électricité. Apparemment, ils ont d'autres sources naturelles d'énergie, qu'ils utilisent de façon fort efficace, et ils ont développé beaucoup de systèmes mécaniques.
- Vous avez pu visiter d'autres zones? Moi, je n'ai vu que les couloirs depuis la salle jusqu'ici.
- Ils m'ont mené une fois devant ce qui semblait un comité d'enquête. C'étaient trois personnes qui semblaient des dignitaires, si j'en crois la façon dont les gardes se comportaient envers eux. Ainsi, j'ai traversé plusieurs salles, en passant par plusieurs portes à contrôle mécanique. Une d'elle sembali être un corps de garde, avec plusieurs bureaux et des tableaux avec divers types de données qui semblaient assez complexes et bien organisées.
Ils m'ont évidemment demandé d'où je venais, mais ne purent le comprendre, et je ne me réfère pas à la langue sinon à la signification. Ils semblaient comprendre assez bien mon latin, mais pas du tout le concept d'univers parrallèle ou d'une autre civilisation dans un monde différent. Ils m'ont aussi demandé comment j'avais pu entrer dans ce qu'ils appellent la grande salle du temple. Cela, j'ai préféré me le garder. Je leur ai dit qu'un moment avant j'étais dans un autre endroit et qu'ensuite je m'étais trouvé dans cet endroit inconnu pour moi. Et je sais le latin mais, dans mon monde, on ne parle plus cette langue. Bien qu'ils ne savaient pas ce que signifiait "mon monde", ils comprirent bien ce qu'était le changement de langue, car plusieurs d'entr'eux savaient aussi le latin, qui était la langue de leurs ancêtres et la racine de leur langue actuelle. Ils m'ont demandé quelle était ma langue actuelle et je leur ai parlé en français, mais ne comprirent rien. Ils dirent qu'ils allaient consulter des lingüistes au sujet de langues d'autres régions et s'ils connaissaient d'autres dérivations du latin.
Ensuite ils me ramenèrent ici et je n'ai eu de contact qu'avec les gardes qui m'apportent à manger trois fois par jour. J'ai demandé des livres et ils m'ont apporté deux livres d'histoire et ce qui semble un roman ou un conte mythologique, que je déchiffre peu à peu. A propos, comment êtes-vous entré? En tournant le sablier gravé sur le mur du tunnel parisien?
- Non. Je ne l'ai pas touché. J'avais en poche votre sablier et je l'ai retourné pendant que je regardais le portique qui, alors, est devenu translucide. J'ai voulu le toucher et j'ai fini par le traverser sans m'en rendre compte.
- Ainsi, ce sablier active aussi le portique. Peut-être accomplit-il aussi d'autres fonctions. Vous l'avez, ou ils vous l'ont quitté?
- Ils ne m'ont rien quitté. Il semble qu'ils ne savent pas ce qu'est une poche, parce qu'ils n'ont pas révisé mes vêtements. Pas plus que mon sac avec mon portable et votre cahier avec le plan.
- Donnez-moi le sablier. Nous allons voir s'il sert à autre chose.