11/08/2009

Les yeux d'Horus 8.2.

Kaminsky abandonna le palais et s'en fut à l'auberge. Dans la cour, les pompiers s'affairaient à éteindre l'incendie de la caserne.

Trompel était assis à une table, prenant un café, quand il vit entrer Kaminsky.
- Vous n'avez pas l'air dans votre assiette, professeur? Que s'est-il passé? Je pensais que vous seriez heureux de par les nouvelles données par le duc.
- Vous ne vous imaginez pas ce qui s'est passé pendant que nous étions à l'hôtel de ville!

Et l'égyptologue lui raconta alors ce qui était arrivé dans la forteresse et lui demanda de contacter son ami de la Police Judiciaire de Bruxelles pour le mettre au courant, l'informer sur 'Il Secolo' et demander des nouvelles de l'enquête sur le meurtre de Robertson. Trompel demanda le téléphone à l'aubergiste et appela Bruxelles. La centrale de la PJ lui répondit que Servais n'était pas dans son bureau, mais "en opération". Le détective se rappela alors les codes spéciaux.
- Code 117, ici le détective Trompel. Contactez-moi.
- Un, un, sept. D'accord. Ne coupez pas. Un moment -lui répondit-on.

Il y eut quelques bruits électroniques puis il entendit la voix de Servais qui lui demandait ce qui se passait.
- Il y a eu un attentat contre ton ami, comme tu le craignais?
- Pas comme je l'imaginais. Il y a eu un assaut armé contre le palais du duc. Plusieurs gardes et trois invités sont morts. Mais Kaminsky est sain et sauf.

Il ajouta alors les détails et précision relatifs aux hommes de main italiens. Il dit aussi que le duc était sûr de ce que la police tchèque les arrêterait mais que, sans doute, une coordination internationale serait importante pour résoudre les divers cas dans leur ensemble.
- Tu ne sais pas à quel point tu as raison -répondit Servais-. Nous avons appris hier la mort d'un important industriel de Naples qui eut lieu le 21. On l'a trouvé coupé en quatorce morceaux dans sa galerie d'art privée. C'était un fanatique de l'Ancienne Egypte. Et de l'un des murs on avait enlevé les cadres et peint un oeil énorme, comme l'Oeil d'Horus volé au musée du parc du Cinquantenaire.
- Ce doit aussi avoir été le fait de "Il Secolo Nosso" et ils ont sûrement essayé de reproduire un des rituels de la fête d'Osiris, le jour de la renaissance du soleil. A-t'on cherché le Livre des Morts volé à Turin?
- Je ne crois pas qu'ils aient déjà pensé à une relation de ce nouveau cas avec celui de Turin. La police italienne ne comprenait rien. Mais tu viens de me donner la clef. Je ferai un bilan de tous les faits et je le leur enverrai, avec cette explication. As-tu plus d'information sur ce rituel?
- Bien sûr. Mais il m'est impossible de te l'envoyer d'ici: il n'y a pas encore de connexion à Internet. Kaminsky m'a envoyé par e-mail une copie du rituel osirien décrit par Wilbur Smith dans son livre "Fleuve sacré". Tu pourras peut-être le trouver à la FNAC ou une autre librairie. Kaminsky ne m'a pas encore raconté ce qui s'est passé au palais avant l'attaque, parce qu'il doit y avoir eu là aussi un certain type de cérémonie. Mais probablement pas la même y rien de louche, sinon il ne m'aurait pas demandé de t'appeler.
- D'accord. Si tu obtiens d'autres informations importantes, rappelle-moi. S'il n'y a rien de spécial et tu ne peux rien m'envoyer de plus, essaye de revenir ici au plus tôt pour me donner tous les détails que tu auras.Tu as eu raison d'invoquer le 117 bien que ce n'est pas très orthodoxe pour un civil.
- Qui était un de tes hommes jusqu'à il y a peu. Je me souviens de codes et tu sais que je ne les utilise jamais si ce n'est pas de la plus grande importance. Il m'ont prié de te questionner sur le cas Robertson. C'était un des invités du duc. Il avaient entendu parler de suicide et étaient très surpris. Mais Kaminsky leur a dit qu'il était déjà évident que c'était un meurtre.
- Nous n'avons fait aucun progrès. Mais il semble que se confirmera l'hypothèse d'un lien avec le vol de l'Oeil d'Horus. Et aussi du rôle des italiens. J'espère que tes nouvelles et l'investigation internationale pourront éclairer tout cela.
- Je l'espère. En tous cas, je peux te confirmer que Robertson avait un Oeil d'Horus, selon ce qu'ils m'ont dit ici. Rien de plus. Nous nous verrons donc à Bruxelles.
- A bientôt!.

Kaminsky avait suivi la conversation mais en n'entendant que ce que disait Trompel.
- Il y a eu une autre intervention de "Il Secolo"?
- En effet.

Et Trompel lui raconta ce qui s'était passé à Naples. Ensuite, à la demande du détective, Kaminsky raconta brièvement ce qui s'était passé les jours précédents, mais sans entrer dans les détails des rituels vu que ceux-çi étaient réservés aux initiés. Il confirma cependant que le rituel de la nuit du 20 au 21 ne ressemblait en rien à la cérémonie sanglante décrite par W.Smith. Il reconnut que le groupe auquel il appartenait maintenant se donnait le nom de Société de l'Oeil d'Horus, mais il lui demanda de conserver la réserve sur cette information. Et il lui précisa aussi que c'était cette société qui formait le conseil scientifique recteur des futures activités des institutions annoncées par le duc et qu'elle préparait ces projets depuis de nombreuses années.

Le détective lui dit alors que, comme son ami n'avait souffert aucun préjudice et que tout était dans les mains de la police des pays concernés, il pensait rentrer à Prague le lendemain et poursuivre vers Bruxelles, où il continuerait à collaborer avec le comissaire Servais.

- Le bus part après le déjeûner -dit le tchèque-. Peut-être le prendrais-je aussi. Il ne me reste plus rien à faire ici. Si je ne peux voyager avec vous et s'il y a du neuf, je tâcherai de vous toucher ici avant votre départ. Sinon, bon voyage et merci pour votre aide. Je payerai l'aubergiste pour vous et vous enverrai de Prague un transfert avec le reste de vos honoraires.
- C'est très gentil, professeur. Merci. Je vous tiendrai au courant de ce qui se passera à Bruxelles. Et bonne chance avec votre nouveau travail au Centre de Recherche d'Osernj!
- Nous vous inviterons lorsqu'on l'inaugurera officiellement. Nous vous le devons.
- Merci. A bientôt!

Kaminsky salua et partit.

04/08/2009

Les yeux d'Horus 8.1.

Chapitre 8

Quand les quatre membres de la Société de l'Oeil d'Horus gravissaient la côte qui conduisait à la forteresse, pour ne pas être écrasés ils durent rapidement esquiver une jeep qui descendait la route à toute allure. 
- Il s'est passé quelque chose au palais -dit le duc-. Ce véhicule n'est pas d'ici. Allons vite!

Et il se mit à courrir, suivi par les autres. Arrivés aux murs, ils virent que la porte avait été détruite. Et, en entrant, il virent que la caserne était incendiée et la porte du palais aussi forcée. Quatre gardes étaient étendus inertes à terre, deux près des murs et deux à l'entrée du palais. Les amis entrèrent en courrant dans le grand vestibule. Sur l'escalier monumental, il y avait un autre corps.

- C'est Jouanne! -dit Doorman, qui courrut le voir.

Le duc continua vers la bibliothèque, suivi par Al Kabir et Kaminsky. En entrant, ils virent deux corps couchés sur le sol. C'étaient Kurt Kaufman, l'homme d'affaires allemand, et Oscar Véliz, le millionaire mexicain. Le duc alla directement à la tête de la grande table et toucha un bouton caché en-dessous. Un clavier virtuel lumineux, comme d'ordinateur, apparut tout de suite sur la table et s'ouvrit un boîtier où il y avait un téléphone. Il marqua un code sur le clavier. Immédiatement, à la maison de tous les miliciens qui étaient en congé retentit une alarme, de même qu'au poste des pompiers et à l'hôpital. Ainsi, tous les services d'urgence étaient alertés et se mettaient en route vers la forteresse.

Le duc prit alors le téléphone et marca un numéro. Il parla avec le propriétaire du journal local, lui disant que le palais avait été attaqué pendant qu'il était au Conseil et lui demandant d'envoyer un journaliste et un photographe, car l'équipement de la garde avait été détruit. Il marqua ensuite un autre numéro et se mit à parler longuement en tchèque.

- Je viens de parler avec le premier ministre tchèque -dit-il à Al Kabir et Kaminsky, après avoir coupé-. Dans quelques minutes, toutes le routes des environs seront fermées. Les assassins ne pourront pas échapper.
- Ils ont volé une série de rouleaux et de manuscrits -dit Al Kabir, montrant des vides dans les étagères. 
- Je l'ai déjà vu -dit le duc.
- Jouanne est mort -dit Doorman, en entrant à son tour-. Je n'ai pas vu les autres.. 
- Tout comme Kaufman et Véliz, à coup de balles -dit Kaminsky, qui leur avait pris le poul-. Où seront donc les autres?
- Nous allons voir -dit le duc, qui pianota un autre code sur le clavier.

Un autre panneau glissa de l'étagère et apparut un petit écran de vidéo. Il s'alluma et ils purent voir une pièce où étaient les autres membres de la société.
- Ils ont eu le temps de descendre au souterrain et à la chambre sûre -dit le duc et, poussant un bouton, exclama:- Vous pouvez sortir de là, mes amis. Le danger est passé!
- Ils sont entrés dans le temple? -demanda Kaminsky.
- ¡Impossible! -dit le duc, et il marqua un autre code-. S'ils sont allés là, ils auront eu un jolie surprise.

L'écran montra l'entrée du temple. Sur le pas du vestibule, deux hommes étaient tombés.
- Deux des assaillants. Fulminés. -dit le duc-. Le temple a son propre système de défense. Personne ne peut entrer sans être syntonisé.
- Mais à moi, rien ne m'est arrivé -dit Kaminsky, surpris.
- Tu as été syntonisé au moment de ton initiation. Tu n'as rien à craindre -lui répondit le duc.
- Et le personnel? -demanda Al Kabir.
- Allons voir -dit le duc, et ils se dirigèrent vers la cuisine.

Mais d'elle sortait déjà le majordome.
- Il ne vous est rien arrivé? -demanda le duc-. Et Helga, Karol et Letna?
- Nous allons tous bien. J'étais dehors; j'ai entendu les explosions et j'ai pu me cacher. Les femmes les entendirent aussi et se cachèrent dans l'arrière-cuisine. Ils ne vinrent pas ici.

Ensuite arrivèrent les autres invités, qui s'étaient réfugiés au souterrain.
- Nous étions en-haut. Lorsque nous avons entendu le début de l'attaque, nous sommes descendus par l'escalier de secours jusqu'à la chambre forte du sous-sol -expliqua John Connor-. Mais au lieu de nous suivre, Jouanne est allé vers l'escalier principal. Nous venons de voir son corps. Il est mort?
- Malheureusement oui. Tout comme Kaufman et Véliz, dans la bibliothèque -répondit le duc-. Mais Yerkov était avec vous ?
- Non. Où pourrait-il être?
- Peut-être le saurons-nous grâce aux vidéos de sécurité. Voyons donc tout ce qui s'est passé. D'abord l'entrée.

Ils étaient arrivés à la bibliothèque et le duc tapa un autre code. L'écran montra alors, de l'intérieur, comment la poterne volait en morceaux sous l'effet d'une explosion, pour laisser le passage à la jeep qu'ils avaient vue échapper. D'elle descendirent quatre hommes vêtus de noir et l'un d'eux lança un missile loew vers la caserne puis un autre vers la porte du palais. Armés de mitraillettes et avec la face cachée par des bas nylons, ils courrirent alors vers le vestibule, cependant que la jeep continuait vers le temple, contournant le château. Le duc fit un autre mouvement, changeant de caméra, et l'on vit comment les hommes entraient dans le palais. Deux d'entr'eux allèrent vers la bibliothèque et un autre vers l'escalier, où Jouanne descendait. L'homme l'abattit et monta l'escalier.

Le duc changea de nouveau de caméra et ils virent l'attaque dans la bibliothèque. Les assaillants tirèrent en entrant et se mirent à consulter les rayons, tentant de les bouger (ils cherchaient sans doute un passage secret) et lisant les dos des livres. L'un d'eux retira des rouleaux et des manuscrits, qu'il mit dans un grand sac de toile qu'il portait en bandoulière, pendant qu'un autre examinait la table, cherchant le bouton caché. Mais il ne le trouva pas. Le système était imperceptible et ne fonctionnait qu'avec un empreinte digitale préenregistrée. Ils sortirent ensuite, se réunirent avec celui qui descendait de l'étage et parlèrent brièvement avec lui.

- Que dirent-ils? -demanda le duc-. Quelqu'un les a compris?
- C'est un dialecte napolitain -dit Confalonieri-. L'un d'eux demanda s'ils avaient trouvé d'autres personnes et il répondit que personne. S'ils parlaient cette langue, c'est qu'ils doivent appartenir à la maffia napolitaine. "Il Secolo Nosso", sans doute.
- Ils ont tenté quelques chose le 21, et cela n'a pas marché -dit Al Zahari-. Et alors, ils sont venus ici. Mais comment ont-ils pu savoir de nous?
- HIls ont des yeux et des oreilles partout. Ils peuvent vous avoir suivis depuis le congrès de Bruxelles -répondit Confalonieri. 
- Celui qui est descendu porte quelque chose -dit Wilson, montrant l'écran.
- Le livre de l'Oeil d'Horus de ma chambre -dit Kaminsky.

Le système de vidéo leur montra comment un homme parcourait les couloirs supérieurs et regardait dans chaque chambre. Il sortit de celle de Kaminsky avec le livre.
- Voyons maintenant ce qui c'est passé derrière -dit le duc, pianotant de nouveau.

L'écran montra comment les deux derniers assaillants arrivaient en courant ver l'entrée du temple et comment, alors qu'ils tentaient d'entrer, ils lâchaient leurs armes, portaient les mains à leur tête et tombaient foudroyés. Le duc remit l'enregistrement de ce qui s'était passé dans la cour d'entrée. Ils virent alors comment les quatre assassins sortaient et se dirigeaient vers le coin du palais, cherchant la jeep. Quelques minutes après, le véhicule apparaissait et sortait à vive allure vers la rue qui traversait la ville. Ainss, toute l'attaque avait été enregistrée par le système de sécurité dont Kaminsky ne soupçonnait même pas l'existence. Et il semblait que les attaquants n'avaient pas obtenu grand chose.

- Bien de vies perdues pour rien! -dit le duc-. Ce qu'ils ont emporté ne leur servira à rien. Cela n'a aucune valeur, car il s'agit de copies et, sans clef d'interprétation, on ne peut pas comprendre grand chose, même si l'on sait lire les hiéroglyphes o l'écriture hiératique. Et je doute qu'ils aillent fort loin: la police thèque les attrapera. Mais nous n'avons vu Yerkov nulle part. Où se sera-t'il caché?

Le téléphone sonna alors et le duc décrocha. Il y eu un dialogue en tchèque.
- C'était le premier ministre tchèque -dit le duc-. Les routes sont coupée et un hélicoptère avec le chef de la police et une équipe technique est en route. Ils seront ici dans une heure.
Sonó entonces el teléfono y lo tomó el duque. Hubo un intercambio en checo.
- Il y a un journaliste belge à l'auberge -dit Kaminsky-. Je l'ai rencontré dans l'autocar en venant ici de Prague. Quand je lui ai dit que j'étais égyptologue et que je venais d'assister au congrès de Bruxelles, il m'a parlé de la mort de Robertson et il connaissait aussi l'assassinat du conservateur du musée de Turin. Je crois qu'il a des contacts avec la police belge et je pourrais lui parler de la piste de maffia. Je pourrais peut-être lui raconter ce qui s'est passé ici pour qu'il le fasse connaître?
- Je ne crois pas que notre cas intéresse beaucoup la presse internationale de ces jours-çi. Ils ont bien plus à faire avec les séismes et les éruptions -dit Wilson.
- Mais s'il a des contacts avec la police, il pourrait être utile qu'il la mette au courant -dit le duc-. Tout ce qui peut aider à résoudre l'assassinat de Robertson doit être utilisé. De toutes façons je m'occuperai de ce qu'Interpol soit alertée par la police tchèque. D'accord, Kaminsky, mets le au courant pour qu'il informe ses amis de la police. Et qu'il essaye de savoir s'il y a du neuf sur Robertson.

Pendant qu'ils parlaient, le personnel médical était arrivé et examinait les cadavres, ce qui était évidemment inutile. Le capitaine de la garde demanda autorisation pour entrer dans la bibliothèque et le duc lui donna quelques instructions. Personne ne toucherait à rien tant que les photographes locaux n'auraient pas tout enregistré.